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Mercredi 18 avril 2018,

J’aurai pu entrer illégalement en Equateur. En fait, je suis entrée illégalement en Equateur. Carlos et son camion chargé d’oignons m’ont laissée à l’entrée d’Aguas Verdes. Moins de 5 minutes plus tard, Helmer, une paire de lunettes sur son crâne chauve, m’a fait signe de monter dans son mini-van collectif. « Mais je fais du stop, j’ai pas d’argent pour payer ! » « Vas-y monte ! » C’est vrai en plus, j’avais calculé pile poil, il me restait un sol péruvien, la pièce que je garde toujours en souvenir. « Descend là et marche tout droit, la frontière est par là ». Avancer tout droit, c’est traverser une rue où les vendeurs de téléphones portables, de cartes SD et de télévisions côtoient les mecs qui ouvrent une valisent en cuire pleine de dollars (sans doute faux) pour les échanger contre des soles péruviens. Une ville de frontière typique, pas rassurante, haut lieu de vente de contrefaçon et pleine de vendeurs ambulants. J’ai marché vite, sous la chaleur étouffante, en serrant bien mon petit sac à dos contre moi. En observant, sur le qui-vive mais sans m’attarder. Ne pas s’arrêter. Marcher tout droit jusqu’au panneau « Equateur » qui surplombe la rue à quelques pâtées de maisons. « Holà ! Où est ce que je peux faire tamponner mon passeport ? ». « Ah mais c’est pas là ! La frontière officielle est à quelques kilomètres. Continue, 2 rues plus loin et prends un taxis jaune », m’explique le policier Péruvien. Je continue, passe sous le grand panneau ! Les articles ne se vendent plus en soles péruviens mais en dollars. Ça y est, je suis en Equateur. Illégale. J’aurai pu continuer mon chemin mais bon c’est peut être mieux de faire les choses officiellement.

Le chauffeur de taxis est un type à lunettes qui n’arrête pas de rire. Je l’intrigue. « Pour moi, il n’y a rien de plus important que ma maison. Je suis très bien chez moi devant la télé mais quand j’aurai payé la dette de mon taxi, j’emmènerai mes enfants aux Galápagos ! ».

A la frontière, le douanier équatorien, tourne mon passeport dans tous les sens. Le passe sur le lecteur. L’enlève. « Attendez 5 minutes, s’il vous plait ». Pendant ce temps, bien sûr, tout me passe par la tête. Qu’est ce que j’ai fait ??? J’ai rien volé pourtant. J’ai pas de dettes dans ce pays, je n’y suis jamais allée. Ils ne vont pas me laisser entrer. Finalement, il donne un gros coup de tampon sur mon passeport et me le tend. « Bienvenue en Equateur ! »

Bon ! Maintenant il faut quitter la douane. On dirait une base militaire. Il y a même un terrain de volley. Purée qu’est ce qu’il fait chaud. A la sortie, je demande au gardien. « Je peux faire du stop ici ? » Il répond, avec son sourire charmant : « Oui bien sûr ! Vas jusqu’au rond point, ce sera plus facile. » Ils sont sympa ces équatoriens !

J’ai même pas le temps d’aller jusqu’au rond point qu’un grand brun moustachu avec des dreads, au volant d’une camionnette blanche un peu rouillée, s’arrête. Je balance mes sacs sur la banquette et grimpe. José vit à Machala, à une heure et demi de route. C’est déjà ça de pris. Je suis coincée entre mon gros sac et la porte. Si elle s’ouvre…. « Tes papiers sont en règles ? » Drôle de question. J’acquiesce. Il est bien sympa José, même si il ne parle pas beaucoup. En même temps, entre le bruit du moteur, celui de la taule du capot qui claque et celui du vent, on a du mal à s’entendre. On passe plusieurs barrages de police. « Ils contrôlent ce que les gens transportent ? » « Oué, il y a beaucoup de contrebande ici ! ». « Et toi ? tu fais quoi ? » « Je transporte des choses. » Hum, hum, des choses. Si ça se trouve, sous son air tranquille, c’est un trafiquant José. C’est pour ça qu’il ne parle pas beaucoup. Noooon, j’ai trop regardé Narcos, je crois.

La route file à travers les plantations de bananiers. Sur les arbres, les fruits sont enfermés dans des sacs plastiques pour être protégés des moustiques. Ça doit être plein de glyphosate tout ça… Je pense à Marc, un copain journaliste qui avait fait un docu sur les fumigations par hélicoptère. Il faut que je lui demande dans quel coin c’était. La montagne défile au loin. Le vent me fouette le visage à travers la vitre. La zik résonne dans l’habitacle. C’est chouette.

Les champs de bananiers défilent depuis la fenêtre de la camionnette de José.

José me dépose à un carrefour avant de bifurquer vers Machala. A côté de la station service, il y a quelques commerces, des compagnies de bus et des vendeurs de poulets grillés ambulants. J’achète une cuisse et me pose 5 minutes pour manger. « Holà ! Tu viens d’où ? » Je lève la tête et répond au petit gamin. « De France. Et toi, tu habites là ? » « Oué ». Antonio a 13 ans et il pose plein de questions. « Mais comment tu es venue ici ? » « En avion » « Ah, en avion ! » « Et c’est comment dans l’avion ? » « Et on peut vendre des chocolats dans l’avion, parce que moi je travaille après l’école, je vends des chocolats, 4 pour 1 dollar. » « Non, je crois pas. » « Et qu’est ce qui se passe si tu vends des chocolats dans l’avion ? » « Tu peux avoir une amende je pense ! » « Ah… une amende… » Il répète toutes mes fins de phrases d’un air circonspect et enchaîne les questions. On rigole. Je lui achète des chocolats et lui offre une pièce de 20 centimes de soles péruviens pour sa collection. Il sourit et file aussitôt attraper son bus.

Dans la voiture de Véronika y Jean Carlos

Véronika et Jean-Carlos passent au volant de leur petite voiture rouge. Nos regards se croisent mais ils ne s’arrêtent pas. Finalement ils font demi-tour. « On va à Guayaquil ! » « Parfait ! » Dans la voiture, l’air de la clim’ est frais. Ça change de la camionnette de José. On s’arrête acheter de l’eau de coco et Jean-Carlos en achète une pour moi. Je partage avec eux les chocolats d’Antonio. Ils sont trop sympas. On rigole bien. Les bananiers continuent de défiler autour de nous, puis les arbres de cacao. On parle des lieux sympas à visiter en Equateur, de bouffe et de voyage. « Si j’avais 20 ans, je prendrais mon sac à dos et je ferrais comme toi ! », lance Véronika, petite brune à lunette, en restant concentrée sur la route. Deuxième pause. Jean-Carlos a un petit creux. « Vas-y sert toi », me dit-il en me tendant l’assiette de cochon grillé et de bananes frites. Il a mis trop de piment ! ça me brûle. On repart. Troisième pause : achat de Sapo, un fruit orange de la jungle. JC se retourne et m’en tend un « pour la route ».

A Virgen Fatima, on cherche un pseudo camping indiqué par Maps.me où je pourrais passer la nuit, mais on ne le trouve pas. Véronika et JC me déposent finalement au terminal de bus de Guayaquil. Petite photo souvenir. « Appelle nous si tu repasses à Guayaquil ». Je me vautre dans le bus, épuisée et m’endors à moitié devant une comédie à deux balles qui raconte l’histoire d’une blonde qui n’arrive pas à choisir entre deux mecs. On arrive à Montañita avant la fin du film. Mince, je ne saurai pas lequel elle a choisi.

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Miercoles, 18 de avril del 2018,

Pude haber ingresado ilegalmente a Ecuador. De hecho, ingresé ilegalmente en Ecuador. Carlos y su camión cargados de cebollas me dejaron a la entrada de Aguas Verdes. Menos de 5 minutos después, Helmer, con un par de anteojos en su cabeza calva, me indicó que subiera a su minivan. “Pero estoy haciendo dedo, ¡no tengo dinero para pagar! “”Sube!” Es verdad, había calculado mi dinero al centavo, sólo me quedaba un sole peruano, la moneda que siempre guardo como recuerdo. “Baja allí y camina derecho, la frontera está allí”. Seguir derecho, significa caminar en una calle donde los vendedores de teléfonos celulares, tarjetas SD y televisores estan juntos a los tipos que abren una maleta llena de dólares (probablemente falsos) para cambiarlos por soles peruanos. Una ciudad fronteriza típica, no tranquilizadora, lugar de venta de falsificación y lleno de vendedores ambulantes. Caminé rápido, bajo el sofocante calor, apretando mi pequeña mochila contra mí. Al observar, en alerta pero sin demorarme. No te detengas. Camina rapido hacia el cartel de “Ecuador” que esta a unas pocas cuadras de distancia. “¡Oye! ¿Dónde puedo sellar mi pasaporte? “. “Ah, pero no está aquí! La frontera oficial está a pocos kilómetros de distancia. Continua, a 2 calles de distancia y toma un taxi amarillo “, explicó el policía peruano. ¡Continúo, paso bajo el gran cartel! Los artículos ya no se venden en soles peruanos, sino en dólares. Eso es, estoy en Ecuador. Ilegal. Podría haber seguido mi camino, pero bueno, puede ser mejor hacer las cosas oficialmente.
El taxista es un tipo con gafas que no deja de reírse. Lo intrigo. “Para mí, no hay nada más importante que mi casa. Me gusta estar en casa viendo televisión, pero cuando paguaré la deuda de mi taxi, ¡llevaré a mis hijos a Galápagos! “.
En la frontera, el funcionario de aduanas ecuatoriano observa mi pasaporte con lucha atención. “Espera 5 minutos, por favor”. Mientras tanto, por supuesto, todo pasa por mi cabeza. Qué he hecho ??? No he robado nada. No tengo deudas en este país, nunca he estado allí. ¿ Y si no me dejan entrar ? Finalmente, apuesta un sello en mi pasaporte y me lo devuelve. “¡Bienvenida a Ecuador! ”
¡Bien! Ahora tengo que salir de la aduana. Parece una base militar. Incluso hay una cancha de voleibol. Que calor. En la salida, le pregunto al guardia. “¿Puedo hacer dedo aquí ? Él responde, con su sonrisa encantadora: “¡Sí, por supuesto! Vas a la rotonda, será más fácil. ¡Que sympaticos estos ecuatorianos!
Ni siquiera tengo tiempo para ir a la rotonda que se para un gran tipo con bigote marrón y rastas conduciendo un camión blanco un poco oxidado. Balanceo mis mochilas en el banco y me subo al auto. José vive en Machala, a una hora y media de distancia. Estoy encerada entre mi mochila grande y la puerta. Si se abre … “¿Están sus papeles en orden? Pregunta graciosa. Es muy amable José, aunque no habla mucho. Al mismo tiempo, entre el ruido del motor y el del viento, es difícil escucharse bien. Pasamos varias barricadas. “¿Controlan lo que la gente lleva? “¡Si, hay mucho contrabanda aquí! “. ” ¿Y tu ? qué haces ? “Llevo cosas”. Hum, hum, cosas. Tal vez, bajo su aire tranquilo, José es un traficante. Es por eso que no habla mucho. Noooon, he visto a Narcos demasiado, creo.
El camino atraviesa las plantaciones de platano. En los árboles, las frutas se envuelven en bolsas de plástico para protegerlas de los mosquitos. Debe estar lleno de glifosato todo eso … Pienso en Marc, un amigo periodista que había hecho un documental sobre las fumigaciones en helicóptero. Tengo que preguntarle dónde estaba. La montaña se ve a lo lejos. Siento el viento sobre mi cara a través de la ventana. La musica se escucha en la cabina. Es simpático.
José me deja en un cruce antes de doblar hacia Machala. Junto a la estación de servicio, hay algunas tiendas, compañías de autobuses y vendedores ambulantes de pollos a la parrilla. Compro una pierna y me siento 5 minutos para comer. “¡Oye! De donde vienes ? Levanto la cabeza y respondo al niño pequeño. ” De Francia. Y tú, ¿vives allí? “Si”. Antonio tiene 13 años y hace muchas preguntas. “¿Pero cómo viniste aquí? »« En avión »« ¡Ah, en avión! “¿Y qué hay en el avión? ” ¿Y podemos vender chocolates en el avión? Porque yo trabajo después de la escuela, vendo chocolates, 4 por 1 dólar.” ” No, no creo. “¿Y qué ocurre si vendes chocolates en el avión? “¡Puedes tener una multa, creo! “Ah … una multa” Repite todas mis frases con aire cauteloso y no deja de preguntar. Nos reimos. Le compro chocolates y le ofrezco una moneda de 20 centavos de soles peruanos para su colección. Él sonrió e inmediatamente se fue a tomar su autobús.

Con Véronika y Jean-Carlos.

Véronika y Jean-Carlos van detrás del volante de su pequeño coche rojo. Nuestros ojos se encuentran pero no se detienen. Finalmente dan vuelta. “¡Vamos a Guayaquil! “Perfecto! En el auto, el aire acondicionado es fresco. Cambia de la furgoneta de José. Nos paramos para comprar agua de coco y Jean-Carlos compra una para mí. Comparto con ellos los chocolates de Antonio. Ellos son tan geniales. Reímos mucho. Los plataneros continúan desplazándose a nuestro alrededor, luego los árboles de cacao. Estamos hablando de buenos lugares para visitar en Ecuador, comida y viajes. “¡Si tuviera 20 años, me llevaría mi mochila y lo haría como tú! “, dice Veronika, una morena con gafas, manteniéndose concentrada en el camino. Segundo descanso. Jean-Carlos tiene un poco de hambre. “Sirvate”, me dijo, entregándome el plato de cerdo asado y plátanos fritos. Él puso demasiado aji ¡ Me quema la boca ! Nos vamos. Tercer descanso: compra de Sapo, una fruta naranja de la selva. JC se da vuelta y me da uno “por el camino”.
En Virgen Fátima, estamos buscando un campamento indicado por Maps.me donde podría pasar la noche, pero no lo podemos encontrar. Veronika y JC finalmente me dejan en la terminal de autobuses de Guayaquil. Pequeña foto de recuerdo. “Llámenos si regresas a Guayaquil”. Me revuelco en el autobús, agotada y me quedo medio-dormida frente a una comedia que cuenta la historia de una rubia que no puede elegir entre dos tipos. Llegamos a Montañita antes del final de la película. Bueno, no sabré cuál eligió.

 

One thought on “Ma folle traversée de la frontière Pérou – Equateur en stop / Mi loco viaje de Peru a Ecuador haciendo dedo”

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