Avec toutes les précautions qui s’imposent, le stop est un excellent moyen de rencontrer de chouettes personnes, d’en apprendre plus sur le pays que l’on traverse et de vivre des aventures extraordinaires. En voici quelques unes, vécues en Équateur.

Épisode 1 : Carlos, Helmer, José, Antonio, Jean-Carlos et Véronika / Zorritos (Pérou) – Montañita (Equateur) 472 km – 18 avril 2018

J’aurai pu entrer illégalement en Equateur. En fait, je suis entrée illégalement en Equateur. Carlos et son camion chargé d’oignons m’ont laissée à l’entrée d’Aguas Verdes. Moins de 5 minutes plus tard, Helmer, une paire de lunettes sur son crâne chauve, m’a fait signe de monter dans son mini-van collectif. « Mais je fais du stop, j’ai pas d’argent pour payer ! » « Vas-y monte ! »

Episode 2 : Emmanuel, Marcello, Giovanni et Edouardo / Montañita – Quito (523 km) 2-3 mai 2018

“T’es pressée? Je connais une petite crique superbe à quelques km”. Au volant de sa petite voiture, Emmanuel, commercial d’une trentaine d’années m’a posé la question en souriant. “OK! ” On a pris le temps de faire un pause jusqu’à cette petite plage rocheuse où les pêcheurs réparaient leurs filets.

Ensuite j’ai continué dans le camion de Marcello. Il avait à peine déposé deux espagnoles que j’ai grimpé dans sa cabine. De là, la vue était grandiose quand la route surplombait la mer. “Tu vois, t’as une meilleure vue que dans un bus!” Marcelo, il prend souvent des auto-stoppeurs pour lui tenir compagnie pendant ses longues heures de route. “Mais que des filles, parce qu’avec les hommes on ne sait jamais. Si ce sont des narco-traficants ou des guérilleros ils ont vite fait de me voler la cargaison de carburant.” Marcello il conduit prudemment, ” pas comme les chauffeurs de bus qui ont souvent des accidents” et quand il dépasse les 90 km/heure ça sonne dans son camion. “Au bout de 3 fois, ils me retirent 300 dollars de mon salaire”. Quand j’étais avec lui, ça a sonné une fois, dans une descente, il devait être à 92 grand max.

Le conducteur suivant était au volant d’un bus. “Mais je fais du stop!” “Allez monte!” Du coup il m’a déposé dans un terminal, le truc bien galère pour sortir de la ville. Heureusement ma route a croisé celle de Giovanni et Edouardo. Dans leur bus a eux, le numéro 77, on a roulé pendant 5 heures jusqu’à Santo Domingo. Le soleil se couchait derrière les montagnes pendant que Giovanni me dressait le portrait de Wacho, le narcotraficant le plus recherché d’Equateur, le Pablo Escobar du XXIe siècle. Un type qui a pas franchement l’air très sympa. Quand on est arrivé à destination, ils m’ont invité à manger! “Tu peux dormir dans le bus si tu veux.” Au réveil, Edouardo m’a offert un yaourt avec des céréales et m’a indiqué les bus pour Quito. “Prends mon numéro, si tu repasses par ici appelle moi et je t’enmenerai.” De Santo Domingo à Quito, j’ai voyagé en stop …. dans un autre bus et je suis arrivée dans la magnifique capitale épuisée mais heureuse.

La petite crique.

Épisode 3 : Jorge et sa fiancée / Mitad del Mundo – Mindo (73km) – 5 mai 2018

C’est vachement plus drôle de faire du stop à deux ! Pendant que l’une tend le pouce, l’autre peut danser. Bon c’est pas forcément très efficace mais au moins ça fait rire les gens et ça nous met de bonne humeur. Avec mon amie Manue, nous étions justement en train de chanter quand Jorge et sa fiancée se sont arrêtés. Lui, il est avocat criminaliste, du genre qui défend les accusés et parfois les victimes “gratuitement pour compenser”. Sa compagne est étudiante pour devenir …. avocate. Avec Manue, on s’est inventé toute un histoire “ça doit être son élève!” “ou sa stagiaire” “oui! oui! c’est sûr”. Jorge nous a raconté quelques affaires avant que je m’endorme épuisée sur la banquette arrière.

N’empêche que Jorge et son élève, euh sa fiancée, ils passaient par Mindo. Parfait ! Ils nous ont déposé au croisement de la route qui descend vers le petit village et après avoir essuyé le refus catégorique d’une mamie mal aimable, on a grimpé à l’arrière d’une camionnette au milieu des bananes, des yukas et autres fruits exotiques. “Attention, ici, il y a des mangues, mets plutôt ton pied là.” La route serpentais au milieu de la montagne, dense forêt d’arbres exotiques. Le vent nous frappait le visage, faisait voler nos cheveux, on a continué à rire malgré la pluie froide qui s’est ensuite abattue sur nous.

 

Épisode 4 : Marcos / Mindo – Quito (98km) –  8 mai 2018

Dans ce petit pays, j’ai déjà testé le bus stop, mais je n’avais encore jamais fait de taxis-stop. Jusqu’à récemment. Avec mon amie Manue, on essayait de quitter Mindo, une petite ville au nord de Quito quand un chauffeur de taxis s’est arrêté et nous a fait signe de monter. A l’intérieur, sa fiancée racontait des histoires abracadabrantesques de blessure infestée, soignée avec de la bave de crapaud. Gloups.
Ensuite, on a grimpé au volant de la grosse voiture bleue ciel de Marcos. Le deuxième avocat criminaliste qui nous prend en stop en quelques jours. Marcos, lui il défend les victimes et les accusés, ça dépend. En ce moment, il est impliqué dans une affaire de sicarios. “Tu sais ce que c’est les sicarios ?” “Non”. “C’est des gens qui tuent pour d’autres gens!” “Ah oui, comme dans la série Narcos!” Il rigole. “D’ailleurs là aussi, il semblerait que ce soit une affaire de drogue.” Des histoires glauques de trafics de drogues, Marcos il en a plein sa besace et il les raconte avec beaucoup d’humour. Le plus drôle, c’est quand il switch à l’anglais pour que Manue comprenne. Avec son accent,  c’est pas super clair.
On était presque arrivés quand il a mis la chanson argentine “Angelicaaaaaa cuando te nombrooooo” et nous a expliqué que Manuela était une héroïne de la libération de l’Equateur. Ensuite, il m’a tendu son téléphone : “Mets une chanson française.” Je me suis tournée vers Manue et on a opté pour Goldman, puis Johnny, puis Lara Fabian. La totale. Grosse ambiance “Alluméééé le feeeeeu !” dans la voiture bleue ciel. Marcos a tellement kiffé qu’il a noté tous les noms dans son carnet à fleurs.

Episode 5 : Jaime et Maria / Baños – Ambato (40 km) – 16 mai 2018

L’avantage d’être deux, c’est que pendant qu’une tend le pouce, l’autre peut aller offrir son plus beau sourire aux automobilistes qui viennent faire le plein d’essence. C’est comme ça qu’on a rencontré Jaime et Maria. On avait à peine balancé les sacs à l’arrière de leur camionnette et grimpé à l’intérieur que Jaime, la soixantaine, cheveux grisonnants s’est retourné et nous a offert des bonbons. J’ai pensé à mon pote Tim qui me répète de ne rien accepter des inconnus. Mais bon, ils avaient pas l’air empoisonnés les bonbons de Jaime. Deux minutes plus tard, Maria se retourne et nous offre deux petits pains, puis deux bananes, puis de la canne à sucre. “Ce que produit le pays”, dit fièrement Jaime. On déguste. C’est comme être dans la voiture de papi et mamie.

Tandis qu’on discute, Jaime dit qu’il aimerait bien aller en Europe. “Je pourrai venir chez vous ?” “Bien sûr, ma mère a une grande maison dans la montagne, c’est très joli!” Maria rigole: “Non mais arrête de raconter des histoire!” Jaime enchaîne : ” Bah ! Pourquoi pas ? Elles sont bien ici elles !” ” Oui ! Mais elles, elles n’ont pas peur de monter dans l’avion!”, contrattaque la dynamique cinquantenaire tout en assurant à la perfection son rôle de co-pilote : “Non! Attention! C’est trop dangereux pour doubler là!”. “En tous cas, si vous repasser par Ambato, on aura une chambre pour vous”, ont-ils conclu en nous déposant.

3 thoughts on “Histoires de stop : lever le pouce en Équateur #Épisodes 1-2-3-4-5”

  1. Salut Angélique,
    nous t’avons rencontré à San Francisco dans l’établissement tourisique de la communauté. C’est avec plaisir que nous prenons connaissance de ton blog. Les histoires de stop sont vraiment belles et nous constatons que tu as beaucoup plus de réussite que nous !! Bonne continuation dans ton périple.
    Elodie & Max

  2. Salut Elodie et Max ! Merci beaucoup d’avoir été jeté un oeil sur mon blog ! Merci pour votre commentaire ! et bonne suite de voyage!

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