C’est l’histoire presque banale d’une bande de potes qui ont eu un rêve un peu fou. Ce qui est génial, c’est qu’ils l’ont réalisé.

En octobre dernier, j’ai trainé mon sac à dos jusqu’à la petite ville côtière de Jaurreguiberry en Uruguay. J’avais pris contact avec l’ONG TAGMA qui y a construit la première école autonome en énergie d’Amérique Latine. Comme mon espagnol n’était pas encore très au point, j’avais bien potassé tout le vocabulaire technique. C’était mon premier article pour le magazine La maison écologique. Pas question de se planter !

En arrivant là bas, j’ai découvert une construction incroyable digne d’un conte de fé. Une maison de hobbit géante, moderne et autonome en énergie. Mais j’ai surtout rencontré ceux qui se cachaient derrière cet énorme projet : pas une ONG ultra-connue qui a déjà développé de nombreux projet. NON. Une bande de potes, comme vous et moi, qui ont cru en leur rêve et l’ont réalisé.

A Jaurreguiberry, j’ai fait connaissance avec deux d’entre eux, Joaquin et Camilo. Deux jeunes trentenaires (comme vous et moi) qui n’y connaissaient pas grand chose à la construction écologique (comme vous et moi). Camilo vend du matériel médical et Joaquin travaille dans la construction traditionnelle. Et puis, il y a leur pote Martín, celui grâce à qui tout a commencé. “En 2011, Martin a vu le film El Guerrero de la vasura consacré à Michael Reynolds (ndlr : Garbage Warrior de Olivier Hodge). Il nous en a parlé. Il voulait construire une earthship !”, se souvient Joaquin. Ni une ni deux, les copains ont commencer à plancher … “Nous avons réfléchi à ce que nous pouvions construire. Nous voulions un projet qui profite à tous et l’idée d’une école s’est finalement imposée”, m’explique Joaquín, aujourd’hui, responsable de la construction au sein de TAGMA.

Les 4 compères ont ensuite contacté Michael Reynolds, le papa des earthships. L’architecte américain développe, depuis les années 70, ce concept de constructions composées principalement de matériaux recyclés, et autonomes en énergie. “En gros, il nous a dit, “C’est intéressant. Réunissez l’argent et on en reparle”, sourit Joaquin.

Pendant plusieurs années, Martín, Joaquin, Camilo et Vici ont donc travaillé pour réunir les fonds nécessaires. Ils ont créé TAGMA et ont recruté de nouvelles personnes comme Francesco, un italien qui a quitté la Suisse pour travailler sur le projet. “Quand j’ai découvert le projet, je me suis dit : “c’est ce que je veux faire” alors je les ai contacté et je suis venu en Uruguay”, me confie-t-il entre deux explications techniques.

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Une fois le budget ficelé, l’équipe de TAGMA a recontacté Michael Reynolds et en janvier dernier la construction de l’école a commencé. Un énorme chantier de 45 jours qui a rassemblé 200 volontaires d’une trentaines de pays. “C’était incroyable!”, se souvient Joaquin.

Aujourd’hui, l’école de Jaurreguiberry fête son premier anniversaire et les copains de TAGMA eux, ont déjà de nouveaux projets plein la tête.

PS : pour toutes les explications techniques, voici mon article publié dans la Maison Ecologique (également disponible en kiosque 🙂 Cliquez sur les images pour les agrandir.

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